Cet article m’a été inspiré très récemment suite à une réunion en visioconférence que j’ai eu avec un groupe d’amis au fait des choses philosophiques et spirituelles.
Nos réunions sont toujours l’occasion d’échanges enrichissants où chacun écoute l’autre avec grande attention et apporte à son tour une pierre à l’édifice de la discussion.
Nous parlions de sujets divers dont certains avaient attrait à cette situation particulière que nous vivons depuis plusieurs semaines.
Comment vivons-nous le confinement ?
Le manque de liberté ?
La promiscuité ?
Est-ce l’occasion de changements fondamentaux ?
Il y aura t’il une véritable prise de conscience lorsque nous retrouverons une vie « normale» ?
Certains le pensent et leur discours est parfaitement audible, empreint de bonté, d’espoir et probablement d’amour.
D’autres n’y crois pas, c’est mon cas, et certainement pas par pessimisme.
Je pense simplement et en toute modestie, que le chemin initiatique vers un peu plus de clarté, un peu plus de lumière, est le chemin d’une vie d’apprentissage.
C’est un chemin long, jonché d’enseignements de personnes à personne, de lecture, d’écoute et d’années d’application, de remise en question, de non jugement, d’acceptation et de prise de responsabilités pleines et entières.
Un lourd et long bagage que l’on finit par porter avec légèreté lorsque l’on a, peu être un jour, intégré quelques fondements philosophiques et spirituels.
En ces temps troublés, les humeurs, les états d’âme s’entrechoquent, s’emmêlent et se déchaînent, on peut voir des élans compassionnels mais également des crises de colère compulsionnels et infantiles.
Ainsi les élans de solidarité, de tolérance font place à des actes de délation et de furie.
De toute évidence, à situation exceptionnelle, réaction exceptionnelle.
Ce n’est certes pas la première fois dans l’histoire de l’humanité que nous devons faire face à une crise sanitaire majeure.
Je pense, par exemple, à la grippe espagnole qui sévit de 1918 à 1919 et qui tua 100 millions d’êtres humains.
Rappelons-nous qu’à cette époque, la population mondiale n’était que de 1,6 milliards d’habitants, c’est par conséquent, approximativement 1/16 de la population mondiale qui mourut en l’espace d’une année.
Rapporté à notre situation actuelle, où la population est 4,5 fois plus importante, cela représenterait 450 millions de morts…
Encore plus récemment, la grippe de 1968 ou grippe de Hong Kong, qui a été causée par une souche réassortis H3N2 du virus H2N2 de la grippe et qui a sévi jusqu’au printemps 1970, a tué environ 1 million de personnes.
Sans évoquer bien sûr, la peste ou le choléra, contre lesquels l’humanité moyenâgeuse n’avait ni remède ni véritable protection.
Un autre fléau abominable que nous pourrions évoquer également, est la guerre, les guerres incessantes.
En effet, en 5500 ans, il y a eu 15 000 guerres, ce qui représente en moyenne deux guerres et demie chaque année.
Les catastrophes naturelles ne sont pas non plus en reste, entre les tremblements de terre, les éruptions volcaniques et les tsunamis…
Après toutes ces catastrophes répétitives, ces génocides, ces conflits majeurs initiés par la volonté de l’homme, de la nature ou peut-être du divin…
Et bien, point de bouleversements fondamentaux, point d’éveil, aucune prise de conscience universelle.
Sommes-nous suffisamment égocentriques pour imaginer un instant que cette fois ci, il y aura la révolution.
Comment pourrions-nous croire qu’au moment de notre humble passage au cours de l’immense histoire de l’humanité, il se passerait ce grand changement alors que celui-ci, de mémoire d’homme, n’a jamais eu lieu.
Jamais eu lieu !!
On ne parle pas d’une révolution de façade, sans plus de consistance ou d’intérêt qu’une discussion de comptoir entre deux copains alcoolisés qui refont le monde.
Ni non plus de toutes les révolutions que nous avons connu ici et ailleurs, sous notre ère ou sous une autre, dirigées par un dogme prenant la place d’un autre…
Non, ce n’est pas de ce type de révolution dont je parle et dont nous avons besoin.
La révolution nécessaire pour le salut de l’humanité passera inévitablement par une révolution individuelle.
Comme je l’explique plus haut dans le texte, cette révolte personnelle, ce bouleversement fondamental est le travail rigoureux d’une vie.
Ce sera la multiplicité des révolutions individuelles qui fera la grandeur du phénomène.
Effectivement, comme le soulignait un de mes chers amis, changer soi-même, c’est changer le monde.
Je rajouterai que, changer soi-même, c’est avant tout changer SON monde.
C’est déjà une « sacrée » performance dans le sens monumental, important mais également dans le sens du sacré, du divin.
Le monde opérera, enfin, un bouleversement réel et radical le jour où, nous serons suffisamment nombreux à avoir changés pour infléchir cette réalité obscure vers un monde honnête et lumineux.
Ce que je vous explique vous semble logique ?
Prenez le temps de réfléchir avant d’agir
Philippe LAMACHE
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