Comment savoir si votre matériel de musculation est fonctionnel ?

Ce titre a besoin de quelques explications.


Tout d’abord, qu’est-ce que j’entends par fonctionnel ?

La définition de fonction est associée à un grand nombre de thèmes et d’environnements : la chimie, l’économie, l’informatique, la linguistique, les mathématiques, la politique, la sociologie…

En économie, par exemple, la définition de la fonction est celle-ci :

« Ensemble d’opérations coordonnées qui, dans l’entreprise, tendent à la réalisation des objectifs qu’elle se fixe. »

Considérons que vous êtes l’entreprise et que le matériel dont vous vous servez représente l’ensemble des opérations qui devront être coordonnées afin que vous réalisiez vos objectifs.

Quel est donc le rôle de l’outil dont vous vous servez pour réaliser vos objectifs ?

Son rôle est de vous aider de la façon la plus opérationnelle possible à accéder à vos objectifs de développement musculaire, de tonification musculaire, de perte de poids, d’amélioration de vos qualités physiques.

L’appareil de musculation est à votre disposition, à votre service pour faciliter votre travail grâce à son ergonomie et à son adaptabilité en fonction de la personne que vous êtes — votre format, votre taille, votre mobilité, vos capacités physiques.


Il m’est arrivé assez souvent d’être stupéfait par la médiocrité du matériel

Au cours de mes 40 ans de pratique, j’ai eu l’occasion de m’entraîner sur des dizaines de marques différentes, parfois même sur du matériel artisanal et dans des centaines de salles.

Je me posais tout le temps les mêmes questions :

Mais comment est-il possible de faire ce type de matériel ? Qui l’a conçu ?

Peut-être un ingénieur qui n’a aucune notion des règles basiques d’ergonomie, de biomécanique* et certainement aucune approche de la pratique de la culture physique ?

****Biomécanique vient de biologie (science du vivant) et de mécanique (science physique d’étude du mouvement). La biomécanique consiste à appliquer les lois de la mécanique à la biologie — on l’appelle également la physiologie du mouvement.


La fidélité des barres et haltères

Je me suis très souvent rabattu sur le travail aux barres et haltères qui sont d’une fidélité à toute épreuve.

Mais lorsque vous tirez ou poussez dans les règles de l’art, 10, 50, ou 100 kg, sans l’aide de poulies ou autres cames, alors vous savez exactement ce que vous faites.

Que vous soyez à Paris, Monaco, Montréal ou à Los Angeles, dans ces conditions de bonnes pratiques, vos performances seront identiques.

Ce qui ne sera certainement pas le cas lorsque vous changerez de marque d’appareil de musculation.

« 100 kg n’est pas toujours 100 kg »


Les 3 critères d’un matériel de musculation fonctionnel

1) L’amplitude du mouvement

Le matériel doit bénéficier d’une amplitude qui permette aussi bien et dans les mêmes conditions à une personne d’1,55 m ou à une personne d’1,95 m de réaliser ses mouvements sans contrainte et sans réduire la distance d’exécution.

L’amplitude participe pour une partie importante à l’intensité que vous allez vous imposer.

Par exemple : lorsque vous travaillez à la presse, si celle-ci ne vous permet pas de descendre suffisamment pour cause de butée mal ajustée, vous ne solliciterez pas les glutéaux (fessiers), ni les ischios-jambiers, ni les adducteurs.

Vous l’aurez donc compris, un matériel qui ne permet pas l’exécution à amplitude complète est un matériel inopérationnel.


2) L’inertie

L’inertie est « l’ennemi » de l’intensité musculaire.

Malheureusement, le matériel de musculation est souvent soumis à un manque de linéarité. La tension imposée par la machine lors du mouvement n’est pas égale lors de l’exécution des deux phases de contraction.

Vous passez d’un état de tension élevée à une chute importante de la résistance… et réciproquement.

C’est un vrai problème lorsque l’entraînement est soumis à des règles de bonnes pratiques basées sur le tempo.

Ce n’est pas l’outil qui doit décider de ce que vous devez faire — il est à votre disposition pour ne surtout pas vous gêner.

Les facteurs d’inertie sont multiples :

  • Le frottement des parties coulissantes
  • La qualité des poulies, leur disposition et leur forme
  • Les matériaux utilisés pour tracter les charges : chaîne, câble, bandes nylon…
  • Les cames dites « ergonomiques » mais qui n’en ont que le nom
  • La longueur des segments des bras de levier
  • Les axes de rotation des bras de levier
  • Les mauvaises trajectoires de convergence

Ne lancez pas vos haltères en bas du mouvement comme si vous jetiez un caillou — vous perdez un pourcentage important d’intensité, 15, 20, 25 %, parfois plus.

Lorsque vous bloquez haltères ou barre sur vos deltoïdes et vos pectoraux en haut du mouvement — vous êtes hors tension musculaire, sur un « point d’inertie. »

Vous avez mis un stop à la tension continue, vous avez fait chuter d’un coup l’intensité musculaire.


3) L’ergonomie

L’ergonomie est la discipline scientifique qui met en exergue la compréhension fondamentale des interactions entre les humains et les autres composantes d’un système.

En d’autres termes, vous devez d’une part vous sentir bien quand vous êtes installé sur le matériel et d’autre part, celui-ci doit faciliter l’amélioration de vos performances.

Le matériel doit pouvoir s’adapter à une personne d’1,55 m comme à une personne d’1,95 m, lui permettre de réaliser ses mouvements sans contrainte.

On vous promet, par exemple, un travail analytique des pectoraux sur le faisceau claviculaire alors que la façon dont la machine est conçue l’exclue formellement.

Matériel inopérationnel !


En conclusion : la qualité n’est qu’une affaire d’expertise

Dans tous les cas, que la marque ait une grande notoriété ou pas, la qualité doit être intrinsèquement liée à l’approche physiologique du mouvement. C’est LE point fondamental.

Je me suis entraîné sur du matériel artisanal infiniment mieux conçu que certaines grandes marques qui inondent le marché des salles de remise en forme.

On ne mesure pas la qualité du matériel à sa notoriété, son design, aux couches de peinture sur la structure métallique ni aux surpiqûres et à la qualité du skaï de la sellerie.


Le conseil pratique

Avant d’utiliser un appareil dans votre salle, testez-le en 3 secondes :

Pouvez-vous aller jusqu’à l’amplitude complète du mouvement sans butée prématurée ? La résistance est-elle constante tout au long du mouvement, sans à-coups ? Vous sentez-vous bien installé, quelle que soit votre taille ?

Si la réponse à l’une de ces questions est non → préférez les barres et haltères. Ils ne vous mentiront jamais.

C’est vous qui décidez.


Appel à l’action

Cet article vous a ouvert les yeux ? Partagez-le autour de vous — trop de pratiquants s’épuisent sur du matériel inefficace sans le savoir.

Avez-vous déjà constaté qu’un appareil de votre salle était mal conçu ? Laissez un commentaire ci-dessous, je vous réponds personnellement.


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Philippe LAMACHE — Coach sportif, mental et nutritionnel depuis 40 ans.

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