Le bio peut vous tuer : ce que l’industrie ne vous dit pas
Ce titre peut sembler racoleur, mais je persiste — je le pense vraiment.
Vous suivez peut-être régulièrement mes posts où je glorifie l’alimentation biologique, et vous pourriez penser que je suis frappé de schizophrénie. Non point du tout. Je défends et revendique toujours l’alimentation biologique — particulièrement celle qui consiste d’une part à consommer des aliments simples, et d’autre part, l’alimentation biologique liée à des circuits courts.
Dans mon titre, je ne fais donc pas allusion à ce type de consommation, qui peut vous rendre meilleur si vous y mettez en plus la foi. Je parle d’une toute autre pratique, qui s’apparente en tous points à la surconsommation de l’alimentation ultra marketée que l’on voit de façon quasi générale.
1. C’est quoi les aliments simples ?
Ce sont les aliments que l’on trouve tels quels dans la nature, ou quasiment en l’état. Ils ne sont composés que de ce qu’ils sont intrinsèquement — des aliments non mélangés, non amalgamés et n’ayant pas été modifiés.
Un aliment simple est donc un aliment qui contient un seul type de constituant : lui-même.
Voici quelques exemples d’aliments simples
Les fruits, les légumes, le poisson, la viande, les œufs, les flocons de céréales, les oléagineux, les fruits secs, le riz, les lentilles…
Les pâtes peuvent également être considérées comme des aliments simples car elles ne sont en général composées que d’un ingrédient : la semoule de blé dur (parfois des œufs).
Le pain de boulanger, en revanche, contient plusieurs aliments simples : c’est un aliment composé. Bien sûr, lorsqu’il s’agit du pain de boulanger, nous savons de quoi il est composé. Ce n’est pas le cas de ce que vous mangez parfois — et peut-être trop souvent.
2. Les circuits courts, qu’est-ce que c’est ?
Les circuits courts : un levier important pour s’approvisionner en produits frais
C’est la réduction des intermédiaires et des distances entre les productions (culture, élevage) et les consommateurs.
Préférez l’éleveur et le cultivateur de proximité
Ce producteur « responsable » est celui qui se sert de bonnes pratiques, qui n’utilise ni pesticide ni engrais, qui fait attention à son terrain. Il prend soin de ses animaux — là où ils sont logés, là où ils mangent, les traitements qu’il leur donne, l’attention qu’il leur porte.
C’est une action pleine de bon sens : vous contribuez à faire vivre et prospérer une économie équitable. Vous faites connaissance avec la main qui vous nourrit, et tout ceci contribue à élever considérablement votre conscience.
Manger des aliments dont vous connaissez la provenance
Connaître la façon dont ils ont été cultivés, l’état d’esprit du paysan, le terroir, l’environnement, les pratiques — tout cela donne un sens aigu à ce que vous mangez.
Dans ces conditions d’implication, de démarche responsable, de parfaite conscience, consommer une alimentation biologique où les bonnes pratiques de culture et d’élevage sont respectées est une bénédiction pour votre corps et votre esprit.
Cette façon de consommer améliorera votre vie d’une façon générale et ne vous fera pas « mourir » — physiquement, moralement et spirituellement — en tout cas, pas prématurément.
3. Le bio devient une alimentation industrielle surconsommée, mais légitimée
L’estampille « bio » sur le paquet suffit à vous faire croire que c’est bon pour vous. Finalement, vous faites quelque chose de juste et de bon pour votre corps — et même pour la planète.
Ce que vous ne savez pas
Savez-vous que l’industrie qui fabrique l’alimentation trafiquée, pleine d’excipients et de composés chimiques, est parfois la même qui fabrique vos biscuits et vos plats préparés biologiques ?
Je dis « parfois » — pour l’instant. Elle le deviendra de façon majoritaire dans les 10 ou 15 années à venir.
« De plus, vous ne savez pas du tout de quoi sont composés ces biscuits, desserts lactés et plats préparés biologiques qui vous donnent si bonne conscience. Vous ne prenez pas le temps de regarder et de comprendre. »
Pour l’instant, persistent encore quelques petites industries éthiques — mais pour peu de temps. Elles se feront absorber d’une façon ou d’une autre.
Ce qui importe pour la grande industrie, c’est le bénéfice. Sachez-le, intégrez ce concept. Leur travail de communication et de développement marketing vous fait croire, grâce à des stratagèmes psychologiques, que tout est parfait pour votre corps, votre esprit et le monde.
Une part colossale du montant du produit est attribuée à la communication
Comprenez que tout est axé sur la réduction des coûts des matières premières et par conséquent du bénéfice. Nous sommes loin du petit paysan qui a l’amour de son cheptel ou de ses cultures — celui qui partage le fruit de son travail contre une rétribution qui lui permet tout juste de vivre.
Aujourd’hui, l’offre biologique est pléthorique. Elle correspond quasiment à tout ce que vous pouvez trouver dans une alimentation traditionnelle.
4. Certains ingrédients se sont substitués à d’autres
Cela permet de coller aux cahiers des charges qu’impose la législation des différents pays. Mais l’alcool bio reste de l’alcool. Le sucre, qu’il soit biologique ou pas, reste du sucre. Et la graisse, qu’elle soit issue de bonnes pratiques ou pas, reste de la graisse.
En l’espace de cinq ans, l’évolution du marché du bio a été exponentielle. J’ai constaté à mon niveau l’augmentation d’une clientèle nouvelle — ce qui était évidemment le but. Une clientèle qui surconsomme et qui remplit tout autant ses caddies, mais avec cette conscience de bien faire.
La pâte à tartiner que tout le monde achète et qui est tant décriée a changé de nom, d’ingrédients — mais elle est toujours aussi calorique. Le pot que vous consommerez aura exactement la même incidence sur votre poids.
Cette pâte à tartiner biologique pourra faire de vous le même obèse
Elle engendrera les mêmes problèmes de diabète, de cholestérol ou d’hypertension. Le saviez-vous ?
Je croise régulièrement, depuis maintenant trois ou quatre ans, des personnes qui font leurs courses dans l’établissement bio que je fréquente. Ces personnes poussent des caddies monstrueux pleins de chocolats, de gâteaux, de plats préparés. Je les vois toujours aussi « fortes » — et certaines encore de plus en plus, plus grasses de mois en mois, année après année.
Ce que vous devez retenir
L’alimentation biologique ne vous dédouane pas du contrôle des calories — surtout pas ! Ni de leurs nutriments énergétiques : protéines, lipides, glucides.
Soyez un consommateur responsable. Même si vous consommez une alimentation saine, ne vous goinfrez pas. Préférez les aliments simples et les circuits courts.
Ce que je vous explique vous semble logique ? Prenez le temps de réfléchir avant d’agir.
Cet article vous a fait réfléchir ? Partagez-le et laissez un commentaire ci-dessous — avez-vous déjà remarqué ce phénomène autour de vous ?
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Philippe LAMACHE — Coach sportif, mental et nutritionnel depuis 40 ans.
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