Compote de pommes vs Cola : laquelle contient le plus de sucre ?


Comment peut-on opposer la compote et le cola ?

L’alimentation est un vaste sujet, passionnant, plein d’idées fausses et préconçues, nourri par le conditionnement marketing. J’ai écrit de nombreux articles sur l’alimentation que vous trouverez sur ce blog :

Comment peut-on opposer, me direz-vous, l’aliment pour enfants considéré comme étant parmi les plus vertueux, et la boisson la plus controversée au monde, responsable de tous les maux de l’humanité ?

C’est pourtant ce que les chiffres révèlent — et c’est exactement ce que l’industrie agroalimentaire préfère que vous ignoriez.


1. Le mythe de la compote « aliment santé »

Depuis l’élaboration du PNNS (Programme National Nutrition Santé), datant de janvier 2001, prolongé en 2006 puis en 2011, qui vante la consommation de cinq fruits et légumes par jour — ce plan qui vous explique qu’il ne faut pas manger trop gras, trop sucré, trop salé — les fabricants de compotes surfent sur cette embellie.

450 000 tonnes de compotes vendues chaque année pour un chiffre d’affaires de plus de 350 millions d’euros. Source : Statista

L’industrie agroalimentaire, prompte à sauter sur toutes les opportunités qui peuvent l’enrichir, même à nos dépens, nous gave — et gave surtout nos enfants — de ces gourdes multicolores illustrées de têtes sympas en forme de pommes, de bananes ou de fraises, super marketées, fermées par de gros bouchons en plastique et sur-emballées dans des boîtes en carton. Tout ça pour manipuler nos chérubins, mais aussi dans un souci de respect de l’écologie, évidemment !

Cautionnées par le Nutri-Score, ces compotes sont classées A — parfois B lorsqu’il y a principalement du sucre ajouté, des correcteurs d’acidité et autres conservateurs.

Ce label est donc la garantie absolue de qualité. Que vos enfants consomment un aliment super sain, un aliment santé ! Pour mémoire, le Nutri-Score a été adopté par le Ministère de la Santé et reconnu par la communauté scientifique comme un système d’information simple et fiable, indiquant la qualité nutritionnelle des produits.

Simple et fiable ? Voyons ce que cachent vraiment ces petites gourdes.


2. Ce que l’industrie agroalimentaire vous cache

La cuisson détruit ce qui fait la valeur du fruit

La cuisson des fruits à la mode industrielle — à 110°C pendant 4 à 8 minutes — et leur ultra mixage pulvérisent leurs fibres et détruisent leurs micronutriments comme la vitamine C.

Même s’il n’y a pas eu de sucres ajoutés, ce produit devient alors un concentré de sucre et quasiment rien d’autre, à l’assimilation encore plus rapide — comme les jus de fruits d’ailleurs, qui feront l’objet d’un autre article.

Des pommes déjà appauvries à la base

Les fruits qui servent à fabriquer les compotes, rarement de bonne qualité, sont épluchés, excluant d’autant plus d’importantes sources de fibres et de micronutriments contenus dans la peau.

Mais finalement, les pommes non biologiques sont tellement traitées aux pesticides que cela devient presque un avantage de ne pas en consommer la peau…


3. Compote vs pomme fraîche : ce que les chiffres révèlent

Dans un fruit non transformé, le sucre appelé fructose est combiné à une matrice de fibres. Son indice glycémique est alors bas, parfois même très bas — contrairement à la compote où l’indice glycémique augmente considérablement.

Ainsi, pour le fruit entier, la conversion en glycogène est lente (indice glycémique bas) et se libère doucement, facilitant l’utilisation optimale de l’énergie glucidique et évitant tout pic glycémique qui engendrerait potentiellement une hypoglycémie réactionnelle.

C’est évidemment tout le contraire pour la compote !

De plus, cet excédent de sucre non utilisé sera transformé en graisse dans le foie et transporté dans le sang sous forme de triglycérides. On peut conclure sur ce point que l’excès de compote peut faciliter le surpoids.

Calcul de la charge glycémique

AlimentIndice glycémiqueGlucides (pour 100g)Charge glycémique
🍎 Pomme fraîche3511 g3,85
🥣 Compote industrielle5018 g9
🥤 Cola classique6310 g6

Quelques informations supplémentaires sur la charge glycémique

Vous l’aurez compris : plus cette charge est élevée, plus le produit que vous consommez vous remplit de ce sucre toxique pour votre santé.

La satiété : un autre problème majeur

Les enfants mettent moins d’une minute à engloutir une gourde de compote, là où il faut au moins cinq minutes pour mâcher une pomme. La mastication permet à la salive de commencer à dégrader les aliments pour une meilleure absorption des nutriments — et la consommation ralentie prolonge la satiété.

À votre avis, combien faudrait-il de compotes pour atteindre ce même niveau de satiété ? Trois ? Quatre ? Cinq gourdes ? Et certainement quelques gâteaux en plus…

Cela représente approximativement 200 à 250 kcal de compote contre environ 60 kcal pour une pomme moyenne. C’est 4 fois plus ! D’autre part, nous mangeons rarement deux pommes à la suite.

Ne confondez donc plus le fruit et la compote !


4. Compote vs Cola : la comparaison qui dérange

100 ml de cola — cette boisson au demeurant à proscrire (je ne fais pas l’article de ces boissons) — comparée à 100 g de compote de pommes industrielles, contient 10 g de sucre avec une charge glycémique de 6. Rappel : la compote contient 18 g de sucre et possède une charge glycémique de 9.

Critère🥣 Compote pommes🥤 Cola classique
Calories70 kcal38 kcal
Sucre18 g10 g
Charge glycémique96
Nutri-ScoreAE

La compote est plus sucrée de 80 % par rapport à un soda de type cola, et sa charge glycémique est supérieure de 30 % !

Je le rappelle : la compote est classée A et le cola E par le Nutri-Score, qui est devenu la parole divine.


5. Ce que vous devriez faire à la place

Le verdict

Même si les sodas de type cola sont une des calamités dont nous abreuve l’industrie agroalimentaire, les compotes en sont une autre — mais cette fois déguisées du sceau de l’alimentation santé. Belle prouesse du consortium industriel, composé d’ingénieurs agroalimentaires, de ténors de la communication et du marketing, et parfois même du corps médico-scientifique.

Difficile de passer entre les mailles pernicieuses du filet de l’ultra-consommation. Néanmoins, rendez-vous compte à quel point nous sommes devenus des poulets de batterie engraissés par cette industrie mensongère.

Le conseil pratique

Je ne dis pas dans cet article qu’il ne faut plus jamais consommer ce type d’aliment — je risquerais de passer pour un intégriste, peut-être même un fasciste. Ce n’est que de l’information afin d’attirer votre attention sur ce que sont réellement ces produits de qualité médiocre, particulièrement consommés en quantité et de façon répétitive.

En priorité : mangez de vrais fruits entiers. C’est là que réside la vraie valeur nutritionnelle — fibres, micronutriments, satiété durable.

Si vous souhaitez tout de même des compotes : préparez-les maison en écrasant manuellement les fruits (sans les mixer), en chauffant peu, et sans ajouter de sucre.

C’est vous qui décidez.

Appel à l’action

Cet article vous a surpris ? Partagez-le autour de vous — l’information nutritionnelle fiable se fait rare.

Et vous, avez-vous l’habitude de donner des compotes industrielles à vos enfants ? Laissez un commentaire ci-dessous, je vous réponds personnellement.


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Philippe LAMACHE — Coach sportif, mental et nutritionnel depuis 40 ans.

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