Aliments brûle-graisse : mythes et réalités — 2ème partie


Comme je vous l’expliquais lors de mon dernier article, je me sens le devoir d’éclaircir certains raccourcis, non-sens et autres mystifications concernant l’alimentation.

La nutrition et tout son arsenal de régimes minceur/santé/bien-être fait vendre. Pour la plupart, leur seule force est qu’ils captivent votre attention et vous font dépenser votre argent. Ils vous font croire à des mythes et légendes et vous redirigent vers des produits dérivés, méthodes, compléments alimentaires miraculeux — machines à explosion d’adipocytes, électrolipolyse et autres techniques passives « magiques » qui vous feront devenir aussi beaux que le mec ou la nana du catalogue. Bien sûr sans rien faire, ou si peu.

C’est parfaitement logique — il ne faut surtout rien faire ou vraiment peu. On parle quelquefois de 15 ou 20 minutes de cette « technologie innovante » qui équivaudrait à des heures d’entraînement contre résistance associées à du cardio training à haute intensité.

La communication est tellement bien dirigée que vous finissez par y croire. Finalement, vous êtes bien plus naïfs que les enfants qui croient au Père Noël. D’ailleurs le Père Noël a plus de crédibilité à mes yeux que toutes ces foutaises.


Suite de l’analyse : « Top 21 des aliments brûle-graisse efficaces »

Tous les extraits fantaisistes sont entre guillemets et en italique. J’ai souhaité respecter scrupuleusement les textes dans leurs formes et leurs contenus — je n’ai corrigé aucune faute.


1. Le pamplemousse — « booste la combustion énergétique »

« La consommation de pamplemousse combiné à des protéines boosterait la combustion énergétique dans l’organisme… »

Encore une allégation non fondée — conjuguée au conditionnel, l’auteur n’est quand même pas très sûr. Par quel miracle la combinaison du pamplemousse et des protéines aurait-elle une action lipotrope sur l’organisme ? On affirme simplement que le mélange des deux est explosif, sans aucun article scientifique à l’appui.


2. Le citron — « booste la digestion et diminue le taux de sucre »

« L’acidité du citron booste la digestion et diminue le taux de sucre dans le sang… »

Encore une « boostallégation » infondée ! Nous connaissons les vertus alcalinisantes du citron et son influence sur le pH du corps — mais en aucun cas il n’aurait la propriété de diminuer le taux de sucre dans le sang. Le citron n’a pas d’action thérapeutique en ce sens. Il est simplement peu sucré et à ce titre, il a une faible action sur la glycémie.


3. Melon et pastèque — « diurétiques alliés minceur »

« L’effet diurétique de ces deux fruits permet au transit de bien fonctionner… » « Leur haute teneur en eau permet de diminuer la quantité de graisse stockée… »

Il n’est pas connu à ce jour d’effet diurétique concernant le melon et la pastèque. De plus, les diurétiques n’ont pas d’action directe sur le transit.

Pour obtenir un effet laxatif par l’eau, il faudrait en consommer 1 à 2 litres — ce qui nécessiterait de consommer environ 2,3 kg de pastèque, apportant dans le même temps près de 700 calories issues des glucides, donc du sucre.

Foutaise !


4. L’ananas — « bromelaïne brûle-graisse »

« …c’est de sa tige que l’ananas tient sa réputation d’aliment brûleur de graisse… elle contient de la bromelaïne, une enzyme qui aide l’élimination des graisses. »

La réputation de la bromelaïne est totalement usurpée : celle-ci aide à la digestion des protéines — et non pas des graisses. Rien aujourd’hui ne permettrait de lui attribuer l’allégation « brûle-graisse ».

Il semblerait que la bromelaïne fragiliserait les parois des adipocytes (cellules graisseuses) — mais les études sur ce sujet manquent réellement de pertinence.


5. La papaye — « papaïne et pepsine brûlent les graisses »

« …composé d’enzymes digestives appelées papaïne et pepsine, qui boostent la digestion des graisses, féculents, glucides… »

La papaïne est une protéase à cystéine qui catalyse la scission des liaisons peptidiques. La pepsine dégrade les protéines du bol alimentaire en hydrolysant les liaisons peptidiques.

Ces deux enzymes participent à la digestion des protéines — et non pas des graisses ni des glucides.

De plus, l’auteur différencie les féculents des glucides — alors que les féculents sont des aliments glucidiques. Bon, nous ne sommes plus à ça près.


6. La banane — « médicament naturel brûle-graisse »

« Elle aide à la perte de graisse et à améliorer la santé. Grignotez ce fruit vous donnera un grand coup de booste tout en faisant passer la sensation de faim. »

De quelle façon la banane — qui fait partie des fruits les plus caloriques avec environ 80 calories pour 100g — aurait-elle la faculté d’aider à la perte de graisse ? En cherchant dans la littérature scientifique une publication sur cette capacité « brûle-graisse », je n’ai rien trouvé.

L’auteur dit également qu’elle serait une sorte de « coupe-faim ». Mais par quel miracle ? Quand tu as « bouffé » une tartiflette, c’est certain, tu n’as plus faim — la tartiflette aurait-elle des vertus coupe-faim ?


7. La cannelle — « ennemie jurée du glucose »

« Cette épice évite que le taux de glucose augmente brusquement… Vous pouvez la combiner à du miel, dans du yaourt, pour augmenter ses effets brûle-graisse. »

Effectivement, la cannelle aurait la propriété de faire baisser le taux de glucose dans le sang — mais pas uniquement si vous consommez des sucreries. Ses composés présentent des propriétés proches de l’insuline permettant d’équilibrer la glycémie : Alimentation du diabétique

Mais l’auteur dit de façon erronée que « l’insuline transforme les aliments en graisse ». Ce n’est pas du tout le principe. L’insuline est chargée de ramener la glycémie sanguine à un niveau équilibré en stockant le sucre excédentaire de 3 façons :

  1. À l’intérieur des tissus musculaires, sous forme de glycogène
  2. Dans le foie, sous forme de glycogène
  3. Dans les tissus adipeux, sous forme de triglycérides (graisses)

Lorsque la consommation de sucre est trop importante, les deux premières formes de stockage sont rapidement saturées. L’excédent de sucre sera donc stocké dans le tissu adipeux sous forme de triglycérides — c’est-à-dire en graisse.

Quant à la cannelle mélangée au miel dans du yaourt pour « augmenter les effets brûle-graisse » — c’est pure spéculation. Ce qui revient à dire : plus je mange, plus j’ingère de calories, et plus je perds de la graisse. On marche évidemment sur la tête.


Conclusion : méfiez-vous des articles bien référencés

Je m’en tiendrai là pour cet article — mais il y a encore d’innombrables faussetés que j’ai relevées sur le web et que je partagerai lors de prochains articles.

Je tiens à souligner que les auteurs non spécialisés de ces articles — pour la plupart des copywriters (rédacteurs web) — colportent des ragots, des allégations non fondées et les relaient encore et encore.

Ce n’est pas parce qu’un article est placé en tête du référencement sur Google qu’il est intelligent et bien fondé.

Ces sujets sont importants — ils méritent plus de recherches et de sérieux.

Ce que je vous explique vous semble logique ? Prenez le temps de réfléchir avant d’agir.

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Philippe LAMACHE — Coach sportif, mental et nutritionnel depuis 40 ans.

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